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Rémission du cancer du sein chez des patientes à haut risque, supplémentées en anti-oxydants, en acides gras essentiels et en coenzym Q-10
 
K. Lockwood, S. Moesgaard, T. Hanioka and K. Folkers
 
Résumé - 32 patientes atteintes de cancer du sein, âgées de 32 à 81 ans, et classées comme des patientes à haut risque parce que la tumeur avait fait des métastases aux ganglions axillaires, ont été suivies pendant 18 mois alors qu’elles suivaient le protocole ANICA (Adjuvant Nutritional Intervention in Cancer protocol). Ce protocole a été ajouté en complément au traitement classique du cancer du sein, comme le veut la loi au Danemark.
Le traitement vitaminique comprenait des antioxydants :
·      2850 mg de vitamine C
·      2500 UI de vitamine E
·      32,5 UI de b-carotène
·      387 mg de sélénium
·      avec d’autres vitamines et minéraux
des acides gras essentiels :
·      1,2 g d’acide gamma linolénique
·      3,5 g d’acides gras W-3
et du Coenzyme Q-10 à la dose de 90 mg par jour.
Le protocole ANICA repose sur l’idée de tester l’effet synergique de ces catégories de compléments nutritionnels, y compris le coenzyme Q-10, qui, utilisés isolément, n’ont auparavant montré qu’un effet nul, ou très limité dans le traitement de diverses formes de cancer. Le cancer ayant comme corollaire, une carence en certaines vitamines, ainsi que diverses dysfonctionnements biochimiques. Le suivi de l’étude s’est basé sur les marqueurs biologiques, l’état clinique, l’envahissement tumoral, les paramètres de qualité de vie, et la durée de survie. La compliance a été excellente.
Les points les plus remarquables ont été les suivants:
1.    Aucune des patientes n’est décédée au cours de l’étude, alors que le nombre attendu aurait dû être de quatre.
2.    Aucune des patientes n’a montré de signes d’extension métastatique pendant l’étude.
3.    La qualité de vie a été améliorée (pas de perte de poids, réduction très significative des antalgiques)
4.    Six des patientes ont montré une rémission apparente de leur cancer.
 Introduction
Le National Research Council a publié (1994 & 1998) une étude scientifique sur la relation qui existe entre l’alimentation, le régime alimentaire, et le cancer. Aux Etats-Unis, environ 20% des décès sont dus au cancer. Une des conclusions de l’étude était que les taux de survenue de divers cancers dans différents groupes de population, sont très souvent corrélés avec des différences alimentaires. Les recherches médicales et scientifiques concernant le rôle des anti-oxydants et les facteurs nutritionnels dans la genèse et la prévention des cancers sont de plus en plus connues, et étudiées. Le cancer du sein cause plus de décès, chez les femmes entre 40 et 44 ans, que n’importe quelle autre maladie. On sait qu’il est en relation avec l’activité hormonale, mais l’alimentation était déjà reconnue pour jouer un rôle très important dès 1973. Le rôle des vitamines dans la prévention du cancer a été bien étudiée (Greenwald, 1991)
Folkers et al. (1982) ont enregistré une élévation immunologiquement efficace des taux d’IgG dans le sérum de patients traités avec du coenzyme Q-10. Trois patients ayant un cancer, quatre patients avec une maladie cardio-vasculaire, et un patient porteur d’un diabète ont répondu positivement pendant une durée allant de 28 à 97 jours. Rétrospectivement, le dosage de 60 mg coenzyme Q-10 administré a été jugé trop faible. On pense que le délai nécessaire avant d’obtenir une réponse clinique était lié au temps de replication du mARN, et de l’augmentation des apo-enzymes spécifiques du coenzyme Q-10. Ces mécanismes ont bien été étudiés par Walker (1977).
Le coenzyme Q-10 s’est montré efficace pour prévenir les effets secondaires de l’Anthracycline et permettre l’utilisation de doses plus élevées d’agents chimiothérapeutiques.
Folker et al. (1991) ont remarqué que le sang de patients cancéreux contenait des taux bien moindre de coenzyme Q-10 que le sang de sujets sains. Ils pensent qu’un tel déficit serait du à des carences nutritionnelles, surtout si l’on considère le besoin important en de nombreuses vitamines pour que l’organisme humain effectue la biosynthèse du coenzyme Q-10 à partir de la phénylalanine.
Folker et al. (1994) ont publié une étude critique pourtant sur 30 ans de recherche portant sur l’activité hématopoïétique et immunologique de la coenzyme Q-10 et de sa possible utilisation dans le traitement du cancer. Le coenzyme Q-10 s’est montré très actif dans la stimulation du système de défense de l’hôte à la résistance aux infections bactériennes, virales, et contre les protozoaires, dans la sénescence, et dans le traitement des tumeurs iatrogènes chimio-induites. Les données contenues dans cette études sont considérées comme suffisamment sérieuses pour servir de base à des essais cliniques de traitement de cancers avec le coenzyme Q-10.
Folker et al. (1993) ont suivi l’évolution des taux de coenzyme Q-10 dans le sang de patients cancéreux aux Etats-Unis et en Suède, et ont concentré leurs observations sur la survie de 10 patients traités avec du coenzyme Q-10. Le coenzyme n’a provoqué aucun effet secondaire, et sa prescription s’est accompagnée de survies allant de 5 à 15 ans.
Plus de 200 études sur les vitamines, les nutriments, et leur effet dans la prévention et le traitement du cancer ont servi de base pour mettre en place le protocole ANICA.  
Les principales sources d’informations qui ont été retenues sont :
v     Ames (1983) Etude des substances alimentaires anti-cancéreuses.
v     Birt (1989) Sélection de vitamines et de minéraux dans la prévention du cancer.
v     Watson (1986) Augmentation de l’immunité par les vitamines lipo-solubles, les minéraux et les éléments-trace.
v     Batist (1988) Utilisation du sélénium dans le traitement des tumeurs cancéreuses.
v     Nair et Schwartz (1990) Immuno-régulation des cellules NK et des cellules NK activées par le Sélénium.
v     Muto et Moriwaki (1984) Activité anti-tumorale de la vitamine A et de ses dérivés
v     Temple et Basu (1988) Rôle du Béta-carotène dans le traitement du cancer
v     Begin et al. (1985) Utilisation des acides gras poly-insaturés dans le traitement du cancer
v     Van der Merve et al. (1987) Amélioration de 21 patients atteints de tumeurs intraitables, par une supplémentation en acide gamma-linolénique.
v     Noto et al. (1989) et Floyd (1990) Applications cliniques des anti-oxydants dans le traitement du cancer.
v     Kneckt et al. (1990) Etude épidémiologique sur la survenue 11 fois supérieure du cancer du sein lors de carences conjointes en vitamine E et en sélénium.
Description de l’étude
32 femmes atteintes de cancer du sein, classées dans un groupe définit comme étant à haut risque, ont été incluses dans une étude ouverte et encore en cours, et pour laquelle elles étaient pleinement consentantes.
L’étude repose sur un « follow-up » de 18 mois. Pour des raisons éthiques, l’étude n’a pas comporté de groupe témoin, ni de groupe placebo.
Toutes les patientes ont été traitées selon le protocole classique au Danemark, c’est à dire : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie et dans certains cas, du Tamoxifen lorsque la tumeur avait des récepteurs oestrogéne-positifs.
Les patientes avaient entre 32 et 81 ans. Les tumeurs avaient toutes des métastases ganglionnaires. Certaines patientes étaient porteuses de métastases à distance (peau, plèvre, os).
Toutes les patientes ont subi un « check-up » complet tous les 3 mois afin de suivre l’évolution de la maladie. Mammographie, scintigraphie osseuse, radiographie du thorax, biopsie, suivi de la pression artérielle, du poids, mesure des antalgiques, et évaluation des critères de qualité de vie ont été scrupuleusement effectués pour chacun des cas.
Aux mois 3 et 12, un dosage du coenzyme Q-10 sur sang total ont été faits pour suivre la compliance au traitement. De plus, aux mêmes dates, un choix arbitraire du 1/3 des patientes a bénéficié d’un contrôle biologique plus complet : calcium, magnésium, sélénium, manganèse, zinc, cuivre, lithium, sur sang total et vitamine E, vitamine B6, Béta-carotène sur sérum.
Toutes les patientes ont pris leurs suppléments en doses quotidiennes réparties en deux prises (matin et soir).
Préparation
Nombre de comprimés
Dose totale
Bio-Quinone Q-10
3
90 mg Coenzyme Q-10
Bio-Glandin
10
1,2 g GLA (n-6)
Bio-Marine
10
3,5 g FA
Bio-Vitamine C (750 mg)
3
2850 mg Vitamine C
Bio-Vitamine E (350 mg)
4
2500 U.I. Vitamine E
Bio-Carotène (9 mg)
4
32500 U.I. Béta-Carotène
Bio-Sélénium (100 mg)
2
387mg Sélénium
Bio-Antioxydant
3
2500 U.I. Vitamine A
15 mg Vitamine B1
15 mg Vitamine B2
75 mg Vitamine B6
13 mg Vitamine B12
45 mg Niacine
22 mg Ac. Pantothénique
300 mg Acide Folique
300 mg Biotine
300 U.I. Vitamine D
150 mg Magnésium
22 mg Zinc
3 mg Cuivre
6 mg Manganèse
Données cliniques
Les données cliniques des 32 patientes incluses dans l’étude peuvent se résumer dans les 6 histoires cliniques suivantes :
Patiente E.M.M. 64 ans. Double mastectomie il y a 5 ans, radiothérapie post-opératoire, et traitement au Tamoxifène (30 mg/jour). Porteuse de métastase osseuse au niveau de la 10° vertèbre dorsale. Devait prendre 520 mg de morphine par jour avant l’étude. La morphine a pu être remplacée par de l’aspirine (1000 mg deux fois par jour). La scintigraphie osseuse et le CT Scan ont montré une stabilisation de la maladie.
Patiente E.L. 52 ans. Mastectomie un an avant l’étude. Récidive locale au niveau du thorax et de la plèvre. Cette récidive a été vérifiée par une radiographie du thorax, et une ponction-biopsie du liquide d’épanchement pleural qui a montré la présence de cellules malignes. Quelques semaines avant l’étude, elle a reçu un traitement avec cyclophosphamide/ fluroblastine. Elle était alors dans une très mauvaise condition physique. Son état général s’est considérablement amélioré quelques semaines après le début de l’étude, et une nouvelle radiographie pulmonaire a montré une disparition total de l’épanchement pleural et des métastases pleurales..
Patiente S.P. 70 ans. Carcinome lobulaire du sein droit, constaté par biopsie, suivi d’une mastectomie. Une tumeur résiduelle (résection incomplète) a alors été constatée. Pendant l’étude, la patiente a retrouvé un état général excellent. Une nouvelle biopsie s’est révélée négative.
Patiente G.C. 82 ans. Mastectomie il y a 8 ans pour un carcinome ductile de grade II avec métastases axillaires et infiltration tumorale au niveau des plexus nerveux bilatéraux des seins. Lorsqu’elle est entrée dans l’étude, elle était porteuse de multiples métastases cutanées autour de sa cicatrice de mastectomie. Au cours de l’étude, les métastases cutanées ont diminué ainsi que les ganglions lymphatiques axillaires qui ne sont plus palpables. La patiente est en excellente condition.
Patiente B.H. 54 ans. Carcinome du sein droit. Mastectomie. A commencé l’étude juste avant de commencer sa chimiothérapie. Elle n’a pas eu de chute de cheveux, ni de modification des constantes hématologiques pendant sa thérapie. Elle est en excellente condition.
Patiente I.L.P. 48 ans. Mastectomie pour apparition d’une tumeur de 3 cm de diamètre au niveau du sein droit. Les ganglions axillaires étaient positifs. A reçu trois séances de chimiothérapie (CMF). Elle a été réopérée au cours de l’étude à cause d’une petite récidive au niveau de la cicatrice. Puis elle a reçu une radiothérapie locale de surface. Aucune autre récidive n’a été observée depuis. Elle en excellente condition générale.
Le traitement proposé, en complément du traitement conventionnel du cancer du sein, a permis aux patientes de garder, ou de retrouver une excellente condition générale. Aucune des patiente n’est décédée au cours des 18 mois de l’étude. Selon les données statistiques pronostiques, quatre patientes auraient du mourir au cours de ces 18 mois. Les patientes n’ont subi aucune perte de poids, Les antalgiques ont pu être diminués. La qualité de vie a été considérablement améliorée. Aucune patiente n’a vu de progression de sa tumeur ou des métastases à distance. Aucune patiente n’a présenté de symptômes d’effet secondaire, à part un jaunissement de la paume des mains lié au béta-carotène.
 
Discussion
La rémission de la maladie dans 6 cas cliniques, ainsi que l’effet très positif sur l’amélioration de l’état général chez les 26 autres patientes, ainsi que le taux de survie excellent sont encourageants.
Les 32 femmes continuent leur traitement, et une nouvelle évaluation dans 2 à 3 ans sera nécessaire afin de dégager des conclusions définitives.
Néanmoins, en se basant sur les paramètres de qualité de vie, d’autres chercheurs pourraient être encouragés à mettre en place des études similaires.
L’expérience montre que le nombre total de comprimés à avaler ne permet de proposer ce traitement qu’à des patientes motivées.
Avec le recul de l’étude, des dosages plus élevés de coenzyme Q-10 seraient à recommander, soit : 300 mg de coenzyme Q-10 par jour.
 
Status à 24 mois
 A 24 mois, l’état des patientes reste inchangé. Aucune patiente n’est encore décédée. On a constaté des régressions complètes chez deux patientes pour lesquelles le dosage du coenzyme Q-10 a été porté à 390 mg par jour

 

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Dernière modification : 12 décembre 2005